« Halte cette fois à Bénarès, dans l’oasis sacrée par tous les plus saints sacrements. Ici est la prière, la plus vieille prière des âmes sur la terre.

Il est sept heures du matin la foule grouille déjà. Elle accourt de l’immense Bénarès et descend vers le fleuve uniquement occupée de la sainteté du moment. La rive est encombrée comme un bazar. Sous de larges champignons qui ne poussent qu’ici, boucliers de paille, on rase des barbes, on lime des ongles, on épile. C’est la toilette nuptiale avant de pénétrer dans le divin lit du Gange. Femmes et hommes ont la moitié du corps dans l’eau et, méticuleusement, se lavent, l’un après l’autre, le siège de leurs cinq sens. Ils en lavent même un sixième que la civilisation leur apporta : leur râtelier.

Chacun a sa manière de prier. Celui-ci lève les bras par quatre fois vers le soleil, comme s’il le prenait à témoin. D’autres ramassent de l’eau dans le creux de leurs deux mains réunies et font tomber des oraisons dessus. De plus riches, sans doute, ont des vases de cuivre et s’en servent, comme le prêtre catholique de son ciboire.

Des groupes sont entassés dans de grands chalands. On dirait qu’ils vont partir pour un lointain voyage et qu’ils auront bientôt la fièvre, mais ils ne partent pas. »

(Albert Londres, « En Inde », novembre 1922)

Inde-2012-Varanasi__MG_0878

Inde-2012-Varanasi__MG_0787

Inde-2012-Varanasi__MG_0748

Inde-2012-Varanasi__MG_0778

Inde-2012-Varanasi__MG_0881

Inde-2012-Varanasi__MG_0905

Inde-2012-Varanasi__MG_0858

Inde-2012-Varanasi__MG_0855

Inde-2012-Varanasi__MG_0880

Inde-2012-Varanasi__MG_0856

Inde-2012-Varanasi__MG_0814

Varanasi 2012

Publicités