Les défunts convergent d’un peu partout emballés comme des papillotes. Les cortèges funèbres traversent la vieille ville bondée et écrasée de chaleur pour se rendre au ghât de crémation.

« Voici la terrasse-bûcher. Des morts, les pieds dans l’eau, attendent leur tour d’y monter. Des tas de fagots de bois sec sont empilés, avec ordre, sur les marches. On met d’abord un fagot sur la terrasse, dont un endroit est un peu creusé comme d’une empreinte d’un corps, puis, sur ce fagot, on pose le cadavre les jambes repliées sous les genoux, ce qui économise du bois. Un second fagot est jeté sur la poitrine. On allume et vole la fumée ! Ca ne sent rien. Il n’y a que quand le crâne éclate que la scène produit son effet. Mais on vous rassure aussitôt. On vous dit: « Ce n’est rien, c’est le crâne qui éclate ! ».

(Albert Londres, “En Inde”, novembre 1922)

Le fils ainé se rase la tête le jour de la crémation. En Inde, rien ne se perd, la roue tourne.

Inde-2012-Varanasi__MG_0997

Inde-2012-Varanasi__MG_0820

Inde-2012-Varanasi__MG_0828

Inde-2012-Varanasi__MG_1126

Varanasi 2012

Publicités