« Cinq cent quarante millions d’Indiens ont pris le train en l’année 1921. D’après ce chiffre, faites vous une idée des gares. Rouler constitue l’une des joies favorites de la race. Il n’est pas figures plus heureuses que celles de cent indigènes macérant depuis trente-six heures dans une voiture à vingt places. Mâchant le bétel et triturant leurs doigts de pied, ils hument la volupté du mouvement mécanique. »

(Albert Londres, “En Inde”, novembre 1922)

Le train est un excellent moyen d’immersion dans la société indienne, à condition de ne pas en abuser et de ne pas se faire recaler à la case réservation/achat de billet.

A l’image de l’architecture majestueuse des tumultueuses stations au mobilier en piteux état, les trains sont un mélange incongru de grandeur et de praticité sommaire.

A bord, le paysage changeant défile par la fenêtre, et ce qui se passe à l’intérieur des wagons n’est pas moins fascinant. Les voyageurs indiens sont passés maitres dans l’art de s’aménager des coins confortables dans des espaces minuscules, qu’ils soient serrés sur des bancs de bois dur ou accroupis sur la galerie.

Les longues distances et une moyenne horaire oscillant entre 40 et 55 km/h ont vite fait de rendre la potion indigeste.

La classe sleeper au décor et au confort dignes d’un fourgon cellulaire permet au moins un vrai contact avec l’extérieur pour le meilleur et pour le pire, contrairement aux catégories AC où l’on est coupé du monde par des vitres fumées et une climatisation agressive. La classe décrite par Albert Londres existe toujours, et ses conditions ont empirées, à réserver à ceux qui sont tombés dedans quand ils étaient petits.

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Uttar Pradesh – 2012

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