Au pied du Taj Mahal, loin des tumultes de la vieille ville d’Agra et des flots touristiques, le passeur passe dans la calme lumière du petit matin.
Ce jour là les essuie-glaces ont fondu sur le pare-brise, et à peine consolant, certains indiens semblaient souffrir autant que moi en sautillant pieds nus sur le marbre surchauffé. Il y a des moments où l’on communie avec les sensations de l’œuf sur le plat.
Bien que très fréquenté en cette saison de mariages, le temple de Karni Mata laisse des zones de calme, même les rats avaient un petit air fatigué.
Les animaux ont une bonne vie au Rajasthan.
Bénéficiant d’un régime de relative liberté, des mains anonymes et compatissantes soignent leur karma en les nourrissant. Pas de laisse, pas de collier.
Le soir ils s’enfilent en bandes dans les rues à la recherche de quelque maraude, rappelant que la vraie vie de chien est faite de meute et d’aventure, et non d’être le substitut de peluche que l’on en fait sous nos latitudes.
La sagesse recommande néanmoins de se garder à l’écart du trafic de la journée.
Lorsqu’on se promène au Rajasthan dans des petits villages éloignés des circuits touristiques, les gens sont évidemment surpris de rencontrer un étranger qui s’intéresse à leur activité quotidienne.
Et la réaction est généralement accompagnée d’un grand sourire, rien que ça justifierait le voyage.









